AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 
 

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oseph Niépce naît en 1765 à Chalon-sur-Saône (il prendra plus tard le surnom de Nicéphore). Nicéphore passionné de physique-chimie entreprend des recherches sur une idée qui l'obsédait depuis de nombreuses années : fixer sur une substance, les images reçues au fond des chambres noires. Jusqu’alors, ces boîtes percées d’un trou muni d’une lentille projetant sur le fond, l'image renversée de la vue extérieure, n’avaient été utilisées que comme instrument à dessiner.

En fait, c’est avec son frère que ce physicien fit des recherches, essentiellement sur la fixation des images. Celles-ci étaient obtenues grâce à une chambre noire portative : pour ses premières expériences, Nicéphore disposait au fond d’une chambre noire des feuilles de papier enduites de sels d'argent, connus pour noircir sous l'action de la lumière. Seulement, la chambre noire ne permettait pas de fixer durablement les images, même si on obtenait des images fidèles à la réalité, ce n’était pas suffisant, c’est pourquoi Niépce s’intéressa à la photosensibilité des différentes matières telles que le chlorure d’argent, le nitrate d’argent, l’huile, le phosphore et la résine de gaïac sur divers supports tels que le papier, le verre, le métal ou même la pierre. C’est après de nombreux essais photographiques que Niépce fut le premier à obtenir des images stables en exposant à la lumière en chambre noire des supports enduits de bitume de Judée qui est une matière photosensible. Cependant le procédé que Niépce utilise est très lent et compliqué.

Parallèlement, il chercha à obtenir, par insolation de gravures rendues translucides et posées sur une surface photosensible, des plaques de métal permettant la reproduction d'images par les procédés habituels de gravure. Enduite de bitume, puis soumise à l'action de la lumière, la plaque est ensuite attaquée par l'acide nitrique (eau-forte) pour former des creux qui seront encrés.

Mais c’est en 1826 que Niepce réussit à photographier le paysage qui était devant sa fenêtre, l'héliographie est née . Il s’agissait d’un négatif, mais l’image ne restait pas fixée car, en pleine lumière, le papier continuait de se noircir complètement. Il appela ces images des "rétines".Trois ans plus tard, en 1829, il fit la rencontre de Jacques Daguerre avec lequel il s’associa afin d’améliorer la luminosité et la qualité des images au fond de la chambre noire. Le contrat d’association passé entre Nicéphore Niépce et Daguerre stipulait : "En cas de décès de l'un des deux associés, celui-ci sera remplacé dans ladite société, pendant le reste des dix années qui ne seraient pas expirées, par celui qui le remplace naturellement.". Chacun travailla de son côté en se transmettant les résultats de leurs travaux respectifs.Daguerre faisait également des travaux sur la fixation d’images et il réussit à persuader Niepce que ses recherches valaient la peine d’être considérées. Les associés utilisaient comme produit photosensible le résidu de la distillation de l’essence de lavande et obtenaient des images en moins de 8 heures de temps de pose. Ils nomment leur nouveau procédé : le Physautotype .Ils continuèrent donc leurs travaux chimiques mais cette fois en utilisant comme agent sensibilisateur l’iode sur argent dépoli. Malheureusement le 5 juillet 1833, Niépce meurt subitement sans qu’aucune de ses inventions n’aient été reconnues. Cependant, Daguerre continuera à approfondir leurs recherches sur les propriétés photochimiques de cette substance.