AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 

C
ette lanterne, d’abord baptisée "de peur", "mégalographique", "thaumaturgique", puis enfin magique, constitue probablement la plus surprenante, la plus imaginative, la plus dérangeante et artistique de toutes les machines inventées au cours de l’histoire de la naissance du cinéma. C’est l’ancêtre de l’actuel projecteur de diapositives. La lanterne magique est une inversion de la chambre noire, elle permet de projeter, ou agrandir sur un écran des images peintes sur verre. La chambre noire contient cette fois-ci une source lumineuse.

La projection se fait à l’extérieur dans l’obscurité. On ignore qui est l’inventeur de la lanterne magique. En effet, certains pensent que la lanterne magique fut inventée au Moyen-Âge par le moine anglais Roger Bacon, alors qu'il étudiait la nature des ombres, leur décroissance et leur extension progressive ; d'autres l'attribuent au père Athanase Kircher, qui la décrit dans son ouvrage de 1646 Ars Magna Lucis et Umbrae. De nombreuses autres descriptions de la lanterne magique ont également été rédigées, par Damascius, Giambatista della Porta...

Certains pensent que la projection d'ombres aurait inspiré Platon pour l'allégorie de la caverne. Bon nombre de spectateurs, stupéfaits par quelques projections de dessins naïfs sur un drap blanc, ont donné à ce phénomène un caractère magique d'où son nom. La lanterne projetait des images dessinées sur des plaques de verres placées entre un faisceau lumineux et une lentille grossissante. Une cheminée évacuait la fumée et la chaleur que dégageait la chandelle servant de source lumineuse. Les plaques étaient le plus souvent peintes à la main, et représentaient des paysages, des animaux, des scènes de la vie quotidienne, etc. Elles pouvaient raconter une histoire, une fable ou un conte populaire. Certaines plaques combinaient une plaque fixe avec un décor et une plaque munie d’un ingénieux mécanisme et donnaient l’illusion d’un mouvement, par exemple un bateau sur la mer agitée, un moulin dont les ailes tournent, un diable sortant de sa boîte, etc. Certains spectacles sont si effrayants que des spectateurs s’évanouissent !

Quoi qu'il en soit, la lanterne magique constitue un divertissement très prisé au 18e siècle. Le physicien Johannes Zahn et le projectionniste Etienne Gaspard Robert, dit Robertson, perfectionnent le procédé. Par ailleurs, au début du 19e siècle, le métier de "montreur de lanterne magique" se développe, plus particulièrement en Savoie. Il disparaît avec la commercialisation des lanternes magiques. En 1843, le français Auguste Lapierre produit, en série, la première lanterne magique.

Cet engouement pour ce projecteur d'images provient du spectacle qu'il procure. A partir de la fin du 19e siècle, afin de diminuer les coûts de production, une nouvelle technique d'illustration est employée : la chromolithographie.
La lanterne magique, grâce à la source lumineuse, reproduit les dessins de l’artiste. Mais il faut attendre la venue de la photographie pour enregistrer véritablement la nature et la reproduire telle qu’elle est à nos yeux …

Au XIXe siècle, ces appareils se perfectionnent grâce à l’éclairage au gaz. Industrialisées à partir du XIXe siècle, les projections de lanternes magiques se poursuivront jusqu'à l'invention du Cinématographe.

Liens externes :

Pour en savoir plus sur les projections, visitez le site : Projecteurs et vues d’avant guerre