AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 
 

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acques Daguerre est né en 1787 et mort en 1851. Il est inventeur, photographe mais aussi peintre. Et c'est en 1822 que Daguerre crée le Diorama, spectacle vraiment magique, dans lequel l'habile combinaison de la peinture et de l'éclairage produit sur le spectateur une saisissante illusion. Il présente des toiles peintes translucides, éclairées et en mouvement. Et c’est à ce moment qu'il connut ses premiers grands succès. Il impressionna donc Niépce. Si Daguerre s'était déjà montré intéressé par la "reproduction spontanée" des images, c'est à partir de 1829 qu'il commença véritablement ses travaux chimiques.Il employa alors, comme agent sensibilisateur, l'iode sur argent dépoli. Mais la plaque iodurée, après son exposition dans la chambre noire, ne présente aucune altération visible ; l'image y est pour ainsi dire latente ; il faut la faire apparaître au moyen d'un agent révélateur. Daguerre découvrit, et c'est là le point capital de son invention, que si l'on place une plaque iodurée au-dessus d'un vase rempli de mercure chauffé, la vapeur métallique ne se dépose que sur les points que la lumière a touchés, et qu'elle s'y attache en quantité d'autant plus grande que la lumière a été vive. Sur cette plaque, qui, au sortir de la chambre noire, ne présente encore qu'une teinte jaune uniforme, on voit l'image se développer comme par enchantement. Il découvrit, en 1835, que les vapeurs de mercure agissent comme révélateur de l'image et que le sel marin permet de la fixer définitivement.

Donc en 1839, Jacques Daguerre invente un procédé photographique plus fiable que l'héliographie de Nicéphore Niépce : le daguerréotype. Les particuliers ne s’intéressant pas à ses découvertes autant qu’il l’aurait pensé, Daguerre proposa son projet à l’Etat français. Ainsi le procédé fut divulgué le 19 août 1839, devant les Académies des sciences et des beaux-arts réunies. Le brevet du daguerréotype entre enfin dans le domaine public. Le procédé est vite exploité pour la réalisation de portraits, puis des premiers reportages.

Le daguerréotype est un succès commercial, des milliers de plaques sont vendues. Le daguerréotype fournit une étonnante précision dans la restitution des détails et une grande diversité de valeurs de gris. Mais des caractéristiques désavantageuses sont observables : l’image est inversée, l’exemplaire est unique et la contemplation difficile. Subsistent également des difficultés de manipulation ; les étapes de sensibilisation, d’exposition, de développement sont longues et la conservation des plaques est délicate. L'inconvénient majeur reste cependant l'unicité de l'image directement noircie sans l'intermédiaire de négatif. En effet, l’observateur peut voir l’image, suivant l’incidence de la lumière, l’angle d’inclinaison, comme un positif ou comme un négatif, voire un mélange des deux. Les longues minutes de pose excluent l’enregistrement des sujets mobiles. "La Vue du boulevard du Temple", prise à Paris par Daguerre en 1839 n’a pas enregistré les piétons ou les fiacres. Seuls subsistent un cireur de chaussures et son client contraints pendant l’opération à une certaine immobilité. Les premières photographies sont des vues de la ville puis des natures mortes (Cabinet de curiosités, Jacques Daguerre, 1837). Le portrait n’est pas encore possible : comme le temps de pose est extrêmement long, il est nécessaire qu’on maintienne la tête à l’aide d’un appui et le modèle qui ne peut s’empêcher de ciller des yeux présente à l’image un regard morne. Dernière particularité : la plaque fragile doit se conserver sous verre. Cependant ce procédé va bénéficier de nombreuses améliorations : l’inversion va être corrigée par l’adjonction d’un prisme qui va rétablir la vue originelle, un objectif plus lumineux va permettre de réduire le temps de pose permettant la création de portraits. Le daguerréotype devient un substitut du portrait pictural avec un modèle moins apprêté dans sa mise vestimentaire et sans le décorum des tableaux.

Un peu auparavant Daguerre vu un incendie réduire en cendres le Diorama, théâtre de ses premiers succès. Il vécut dès lors dans la retraite, et mourut à Petit-Bry-sur-Marne, le 12 juillet 1851. La Société libre des beaux-arts a élevé un monument à sa mémoire dans le cimetière de cette commune.

C ’est Samuel Morse, peintre et inventeur du télégraphe électrique, qui diffuse le daguerréotype aux États-Unis. La non-reproductibilité du daguerréotype est la limite qui mettra fin à son engouement. C’est la raison de son abandon vers 1855 pour un procédé qui permet la reproduction de l’image avec rapidité, netteté et stabilité à la lumière : le calotype mis au point par William Henry Fox Talbot en 1841.