AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 
 
Le praxinoscope

D
u grec praxis, action et –scopeo, je regarde.
Le praxinoscope à été inventé par le Français Émile Reynaud (1844-1918) en 1876. L’obturation des images ne se fait plus par des fentes obturatrices (qui avaient l’inconvénient de "voiler" les images d’un ton sombre), mais par compensation optique, grâce à 12 miroirs montés en prismes. Les images se reflètent sur le jeu de miroirs placés au centre du disque. Ces miroirs permettaient d’avoir une netteté, une clarté et une luminosité des images jamais obtenues auparavant. Un autre avantage était qu’on pouvait regarder ce petit spectacle à plusieurs.

En 1879 Reynaud perfectionne le praxinoscope en lui ajoutant un boîtier et des décors. Ce théâtre lilliputien obtiendra un grand succès : le Théâtre optique est né. Le Théâtre optique d’Émile Reynaud utilisait une bande perforée (préfigurant le film perforé) et d’une longueur indéterminée contrairement au 12 images de son Praxinoscope, ce qui permettait de présenter un véritable spectacle. Mais la confection artisanale de cette bande avec des images peintes à la main était un travail fastidieux. Le Théâtre optique fut présenté au public le 28 octobre 1892 au théâtre du musée Grévin avec la projection du premier dessin animé du monde : Pauvre Pierrot, succession d’environ 500 poses toutes dessinées et peintes à la main. Reynaud fait imprimer trois séries de bandes lithographiques mesurant 66 x 5,2 cm où sont mis en scène l’univers du cirque et de la foire (Le Jongleur, L’ Équilibriste, La Danse sur la corde, les Chiens savants, Le Trapèze, Le Clown, etc.), les jeux d’enfants (Les Bulles de savon, La glissade, La Balançoire, etc.) ou la vie quotidienne (Le Rôtisseur, Le Déjeuner de bébé, Le Fumeur). Il emprunte aussi au répertoire des bandes de zootrope et de la lanterne magique comme Le jeu de la corde, l’une des plaques animées les plus appréciées du XIXème siècle. Émile Reynaud peut être considéré comme l’inventeur du dessin animé. En 8 ans, il fit 12 000 séances et 500 000 personnes assistèrent aux pantomimes lumineuses. Mais avec l'arrivée du cinématographe, les gens vont peu à peu se détourner des séances au musée Grévin.

Principe :

Les images sont lithographiées sur de petites plaquettes de verres. Elles sont ensuite disposées dans la "cage prismatique" dont les 12 miroirs inclinés à 45 degrés, forment le tronc d’une pyramide renversée. Une lanterne à pétrole permet d’éclairer les vues sur verre, dont les images se réfléchissent sur les miroirs prismatiques en rotation. Un second objectif capte cette animation lumineuse et la renvoie sur un écran.