AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 
 

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adweard Muybridge, de son vrai nom : Edward James Muggeridge, naquit en 1830 à Kingston-on-Thames, où il fit ses études. Il émigra aux États-Unis en 1852 et devint photographe paysagiste pour le Coast and Geodetic Survey. Ses photographies furent rapidement remarquées. Il est célèbre pour ses photographies d'hommes et d'animaux en mouvement. Ce n'est qu'en 1878, alors qu'un riche propriétaire de chevaux, Leland Standford (ayant parié avec ses amis que lorsqu’un cheval galope, ses sabots ne touchent plus terre pendant une fraction de seconde) lui avait demandé en 1872 de vérifier les affirmations du physiologiste français Marey, qu'il parvint à prouver, photographies à l'appui, que lorsqu'un cheval galope, il garde pendant un instant les quatre pieds décollés du sol et que, à cet instant, les pieds se trouvent sous le ventre de l'animal. À la suite de cette première et spectaculaire décomposition du mouvement pour laquelle il utilisa une série de douze appareils à déclenchements successifs, il entreprit une exploitation systématique de ce procédé.

En 1881, il mit au point le zoopraxiscope, projecteur lui permettant de recomposer le mouvement (courses de chevaux, vols d'oiseaux ou compétitions sportives) à travers la vision rapide et successive de ses phases décomposées. Ses expériences le conduisirent à publier plusieurs livres, très appréciés des artistes de l'époque, dont les plus importants sont Cheval en mouvement (1878) et Locomotion animale (Animal Locomotion, 11 volumes de 100 000 plaques photographiques, 1887). Des extraits de ce dernier ouvrage furent publiés sous le titre la Figure humaine en mouvement (The Human Figure in Motion, 1901). Ses travaux placent en quelque sorte Muybridge comme l'un des précurseurs du cinéma, c’est l’un des premiers à décomposer le mouvement.
Les photographies sont prises sur une distance couverte par une multitude d'appareils photographiques côte à côte, déclenchés par le mouvement de l'animal lui-même. En effet, à chaque pas, le cheval casse un fil tendu en travers de la piste, chacun de ces fils étant relié à l’obturateur d’un appareil photographique, un cliché est effectué. Ensuite, la juxtaposition des images reconstitue le déplacement.

L'illustration est tirée du livre Animal Locomotion, publié en 1887 : Eadweard Muybridge, Cavalier Daisy, le saut.