AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 
 

E
tienne Jules Marey, naquit en 1830 à Beaune. Médecin et physiologiste français, professeur d’histoire naturelle au Collège de France dès 1867, il fut un scientifique de renom. Il n’employa la photographie qu’à partir de 1882, après avoir vu les images de cheval au galop réalisées par l’Américain Eadweard Muybridge, dont il perfectionna le protocole technique. Il est le créateur d’un procédé de prises de vues, la chronophotographie, permettant de décomposer les différentes phases de la locomotion humaine ou animale.

Marey n’était pas satisfait par le système de Muybridge : il était cher, lourd, la disposition en batterie entraînait un effet de parallaxe et le système de déclenchement était imprécis et inadapté à certaines analyses comme le vol des oiseaux.
Marey mit donc au point un fusil photographique comprenant un appareil photographique unique équipé d’un seul objectif derrière lequel la surface sensible, un disque circulaire composé de douze petites images, se déplaçait entre les enregistrements successifs. Ce système s’inspirait du revolver photographique conçu par l’astronome Pierre Jules César Janssen pour observer les astres. Le disque de verre était sensibilisé au gélatino-bromure et permettait de décomposer le vol des oiseaux au rythme de 12 images par secondes et rendait possibles des temps d’exposition extrêmement courts.
Le fusil avait comme avantages d’être léger et son seul objectif offrait un point de vue unique. Néanmoins Marey déplorait la qualité et la petitesse des images et surtout trouvait leur nombre trop limité.
La même année (en 1882), il mit au point la chronophotographie sur plaque fixe.Le système comprenait une chambre photographique avec un obturateur rotatif comprenant une étroite fenêtre. Le sujet vêtu de clair se déplaçait devant un fond noir et à chaque tour de l’opérateur, la plaque était impressionnée par une nouvelle image. Selon le nombre de passages de la fenêtre durant la durée d’exposition, il obtenait un nombre variable d’images sur la même plaque décomposant donc le mouvement en une suite d’images arrêtées. À force de multiplier le nombre d’expositions pour analyser plus finement le mouvement, Marey obtenait des images imbriquées les unes sur les autres et donc difficiles à analyser. Pour remédier à ceci, il revêtit son sujet de noir, plaça des boutons blancs au niveau des articulations et des bandes métalliques le long des bras et des jambes.
En 1888, Marey présenta un nouvel appareil constituant une étape décisive de la pré-cinémaphotographie : le Chronophotographe sur bande mobile assurant l’enregistrement d’un chapelet d’images photographiques successives. Vingt fois par seconde, à chaque exposition, une mâchoire commandée par un électro-aimant bloquait la course de la bande. Avec ce dernier appareil, Marey avait inventé la caméra de prises de vues, aux détails près que : la bande ne comportait pas de perforation et que les photographies successives s’y inscrivaient de façon irrégulière. Toutefois la synthèse du mouvement n’était possible, à moins de découper, recaler et coller les images, un travail fastidieux.