AnimageDe l'image fixe à l'image animéePhotographie cinema
 
Georges Mélies  
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eorges Méliès est né en 1861 à Paris et mort en 1938. Après avoir été subjugué par la première séance de Cinématographe du 28 décembre 1895, il fut l'un des premiers à se lancer dans le cinéma. Mais n'ayant pu acheter l'appareil, il construit sa propre caméra, enregistre quelques-unes des scènes d'illusionnisme qu'il donnait au théâtre, avant de se lancer dans la réalisation de récits fantasmagoriques truffée de trucages, dont certains inventés pour l'écran (fondus, surimpressions, arrêts sur image, montages inversés), et coloriés à la main. L'originalité de Méliès se révéla quand il aborda les truquages et construisit en 1897 le premier studio du monde, dans sa propriété de Montreuil. Ses truquages sont devenus après lui des éléments de la technique photographique. Le trait de génie de Georges Méliès fut d'employer systématiquement au cinéma la plupart des moyens du théâtre, par exemple scénarios, acteurs, costumes, maquillage, décors, machineries, divisions en scènes ou en actes. Le cinéma les utilise aujourd'hui encore. Ses oeuvres les plus célèbres sont Au Royaume des fées, L'Homme à la tête de caoutchouc, Le Livre magique et surtout son Voyage dans la lune (1902), inspiré de Jules Verne et de H.G. Wells. Ce chef-d'œuvre d'illusions photographiques et d'innovations techniques, extrêmement populaire marque l'apogée du talent et de la carrière de Méliès. Georges Méliès fut le chef orchestre du cinéma qui a ouvert la voie au spectacle moderne et à tout un courant du cinéma qui va du surréalisme, à l'expressionnisme et à la science-fiction. Pourtant il ne pourra résister au développement de l'industrie du Cinématographe, et ne saura s'adapter au renouvellement des genres en vigueur à partir de 1910. Il fut ruiné par la Première Guerre mondiale et ses films furent en majorité détruits ou vendus. Tombé dans l'oubli, il fut réduit à tenir une boutique de jouets dans la gare Montparnasse, avant d'être placé, en 1932, dans une médiocre maison de retraite. Peu de temps avant la mort de Méliès, en 1938, Henri Langlois, créateur de la Cinémathèque française, parvint à sauver une partie de ses films et en dirigea leur restauration. À la charnière du théâtre et du cinéma, Méliès, au sujet duquel D.W. Griffith déclara "je lui dois tout" , fut un véritable "inventeur", l'inventeur du cinéma de divertissement. Depuis 1947, le prix Méliès couronne chaque année le meilleur film français ou de coproduction française.